​CISSS libre parole

L’IMPERTINENT                                                                     Avril  2016

 BILAN DE LA RÉFORME : DR. BARRETTE ET LES MATHÉMATIQUES

 Le ministre Barrette désire être jugé sur les résultats de ses réformes. Et cela est fort pertinent! «Mais je ne conçois pas qu’il n’y ait pas de résultats» dixit le Ministre, ce en quoi nous sommes tout à fait d’accord! Avec sa fougue et le rythme des réformes, il y aura des résultats, il y en a déjà…

Une voie classique pour apprécier l’atteinte des résultats, c’est de mettre en lien les résultats en fonction des objectifs visés. Dans le cas présent, outre un agenda pas toujours transparent, il est hasardeux de jauger les résultats des réformes en terme de qualité, car pour le docte docteur, la qualité est une simple résultante mathématique de 1 (loi 10) + 1 (loi 20) + 1 (financement à l’activité) = une évidence!

 « Ça nous prend la structure, la loi 10, pour la continuité des services. La loi 20 [sur les médecins] pour l’accès, le financement à l’activité, pour avoir des comparables. À la fin, on a la qualité » explique-t-il.

 D’ici « deux ans », il sera possible d’évaluer sa réforme, selon le Ministre – en fait, au 31 décembre 2017.  D’ici là, suivons ses objectifs quantitatifs bien publicisés.

 Quatre cibles claires :

1:    Abolir 1300 poste de gestionnaires: nous en sommes à 1027 au 8 mars 2016, selon le MSSS, à 1114 au 2 avril selon le ministre : résultat garanti!
Peut-on suivre, en parallèle, les heures en absences maladies, le % de postes vacants ou non comblés? Et la progression ou la régression des postes d’APPR ou de syndicables non syndiqués durant les mêmes périodes de référence?

2:   Ouvrir 50 supercliniques ouvertes 7 jours/semaine, dont 32 dans la prochaine année : à suivre… Là, on part de 0…
Peut-on y ajouter tous les paramètres mathématiques évoqués par le ministre lors de cette annonce quant au volume de consultations faites et aux types de patients qui y auront recours? Et quant aux coûts, seulement 500 000 $ par superclinique?

 3:   Avoir sur le terrain au Québec 2000 infirmières praticiennes spécialisées (IPS). Le nombre exact déjà en poste en avril 2016 n’excède pas 350…
Quel sera le taux de rétention au Québec si leur rôle n’évolue pas? Peut-on comparer leur réelle autonomie professionnelle avec ce qui se fait ailleurs au Canada?

4;   Au moins  85% des québécois et québécoises ont un médecin de famille
Là, il y a un problème mathématique à résoudre pour s’assurer que nous avons le bon numérateur et le bon dénominateur…les bonnes données et que l’accès soit effectif! A suivre!