​CISSS libre parole

L'Impertinent avril 2018

Un conducteur de charrette du début du 20ième siècle pour conduire une  
Mercédès formule 1  du  21ième siècle. 

Voilà l’image qu’inspire la gouvernance du système de santé et de services sociaux sous l’emprise du Cr. Barrette. Que ce soit le «trop plein» des infirmières, celui des gestionnaires de premier niveau qui sont près du terrain, mais aussi de plusieurs autres dans des rôles plus stratégiques, que ce soit les indices de listes d’attente en hausse, ou de dysfonctionnements nouveaux, bref reconnaissons que tout ne va pas pour le mieux.  

Après avoir mis le cheval au régime sévère, pour le rendre plus fringant, le cocher s’est mis à le fouetter pour aller plus vite. Et de plus en plus. L’homme n’est-il pas le maître absolu de sa monture? Le cheval ne veut plus avancer; il est si épuisé qu’il refuse même de boire!… Fouettons le simplement avec plus de détermination. Et, au final, le cocher désemparé ne comprend pas! 

Pourtant, c’est une Mercédès de course hypersophistiquée qu’il conduit, cet ineffable et si peu affable (sauf lors d’une brève métamorphose ponctuelle de quelques mois par cycle électoral) Dr. Barrette: il faut toute une équipe – et un travail d’équipe -  pour la bichonner, la calibrer, questionner non seulement les mécaniciens, les informaticiens mais aussi les concepteurs et les manufacturiers de chacune des pièces, écouter le son du moteur, communiquer constamment avec de multiples joueurs, délibérer, faire des essais en piste, réessayer avec une nouvelle configuration. 

Le ministre Barrette a coupé les ponts avec tous ses interlocuteurs, s’exprimant seulement dans le cadre parlementaire ou médiatique : un étonnant mot des Fêtes en décembre 2017 -  année électorale oblige! – adressé au personnel du réseau, après avoir omis toute communication interactive ou délibérative  durant 3 ans avec «son» réseau.  

Et après avoir tué tous les canaris dans la mine! Associations d’établissements, commissaire à la santé et au bien-être, dirigeants d’instances qui ne peuvent plus parler en public, multiples délais dans les accès à des données évolutives du réseau qui ne concordent pas avec sa vision, ou absence de données, contrôles des nominations des CA et de tous les PDG et PDGA, etc.  

Le ministre n’a plus l’heure juste : et plusieurs n’osent plus la lui donner. De peur d’offusquer le Prince ou d`être limogé. Le ministre a donc une vision tronquée de certaines réalités du réseau et de l’impact cumulatif de ses décisions. 

Les dictateurs, c’est connu de Staline à Castro, ont allègrement éliminés ceux de leur garde rapprochée qui leur fournissaient des données critiques sur leurs réalisations. Les autocrates, dans un monde plus évolué, ont simplement à faire planer la menace de représailles pour obtenir les données qu’ils souhaitent, quitte à susciter du laxisme quant à l’intégrité éthique des ajustements dans les données pour bien paraître.  

L’énoncé du problème du ministre Barrette avait été très clair dès son entrée en fonction : c’est un problème d’obéissance. «Faites ce que je dis et ce que je dicte et tout ira très bien». Ne reste qu’à tuer le vieux cheval et s’en acheter un jeune pour le mettre à sa main dès le départ.  

Mais ce sera toujours un cheval, alors que d’autres sociétés roulent déjà en auto, certaines plus sophistiquées que d’autres. Avec des conducteurs qui travaillent vraiment en équipe avec de multiples acteurs, qui se sont dotés de tableaux de bord et de jauges interactives, consultables en temps réel, pour ajuster la vitesse, contrôler le freinage, etc. 

Quand les ajustements à faire (ou à découvrir!) par les acteurs concernés dépendent de données accessibles seulement via des demandes répétées à la Commission d’accès à l’information, convenons que nous sommes en charrette à cheval! Le conducteur de charrette peut prendre son temps pour réagir;  mais nous serons hors piste – et pas à peu près - si nous roulons encore  4 ou 5 ans de plus avec un tel attirail. 

 

L’IMPERTINENT            

1 avril 2018 

L'impertinent                                                                                                               AVRIL 2016                                                         BILAN DE LA RÉFORME: DR. BARRETTE ET LES MATHÉMATIQUES
Le ministre Barrette désire être jugé sur les résultats de ses réformes. Et cela est fort pertinent! <<Mais je ne conçois pas qu'il n'y oit pas de résultats»» dixit le Ministre, ce en quoi nous sommes tout à fait d'accord! Avec sa fougue et le rythme des réformes, il y aura des résultats, il y en a déjà... 

Une voie classique pour apprécier l'atteinte des résultats, c'est de mettre en lien les résultats en fonction des objectifs visés. Dans le cas présent, outre un agenda pas toujours transparent, il est hasardeux de jauger les résultats des réformes en terme de qualité, car pour le docte docteur, la qualité est une simple résultante mathématique de 1(loi 10)+ 1(loi 20) + f (financement à l'activité) = une évidence!

 « Ça nous prend la structure, la loi 10, pour la continuité des services. La loi 20 sur les médecins pour l'accès, le financement à l'activîté , pour avoir des comparables. À la fin, on a la qualité » explique-t-il. Bingo! D'ici  deux ans , il sera possible d'évaluer sa réforme, selon le Ministre - en fait, au 31 décembre 2O17. D'ici là, suivons ses objectifs quantitatifs bien publicisés. 

Quatre cibles claires :


1- Abolir 1300 poste de gestionnaires: nous en sommes à 1027 au 8 mars 2016, selon le MSSS, à 1114 du 2 avril selon le ministre: résultat garanti!  Même si les 220 millions d'économies nous laissent perplexes: drôle d'addition ou salaires gonflés?

             o Peut-on suivre, en parallèle, les heures en absences maladies, le %o de postes vacants ou non comblés? Et la progression ou la régression des postes d'APPR ou de syndicables non syndiqués durant les mêmes périodes de référence? 

2- Ouvrir 50 supercliniques ouvertes 7 jours/semaine, dont 32 dans la prochaine année : à suivre... Là, on part de 0... 

                    o Peut-on y ajouter tous les paramètres mathématiques évoqués par le ministre lors de cette annonce quant au volume de consultations faites et aux types de patients qui y auront recours? Et quant aux coûts, seulement 500 000 $ par superclinique? 

3- Avoir sur le terrain au Québec 2000 infirmières praticiennes spécialisées (lPS). Le nombre exact déjà en poste en avril 2O16 n'excède pas 350... 

             o Que! sera le taux de rétention au Québec si leur rôle n'évolue pas? Peut-on comparer leur réelle autonomie professionnelle avec ce qui se fait ailleurs au Canada? 

4- Au moins 85% des québécois et québécoises ont un médecin de famille.

            Là, il y a un problème mathématique à résoudre pour s'assurer que nous avons le bon numérateur et le bon dénominateur...les bonnes données et que l'accès soit effectif!A suivre! Enfin. voici sept (7) cibles mathématiques additionnelles que nous suggérons au Ministre de suivre.