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Mai 2016

Chronique de notre invité Georges Tormen


LORS DE LA COMMISSION PARLEMENTAIRE ÉTUDIANT LE PROJET DE LOI 10, FIN 2014, LE MÉMOIRE LE PLUS ORIGINAL DÉPOSÉ À L’ÉPOQUE – PARMI LES 125 MÉMOIRES - ÉTAIT CELUI DE GEORGES TORMEN, INTITULÉ :

366 JOURS APRÈS L’ADOPTION DU PROJET DE LOI 10 AMENDÉ. (VOIR LE TOUT DERNIER MÉMOIRE – ASSEMBLÉE NATIONALE – COMMISSION PARLEMENTAIRE)

CE MÉMOIRE ÉTAIT UNE PROSPECTIVE FORT DÉTAILLÉ DE PLUSIEURS ASPECTS D’UNE RÉALITÉ INCERTAINE À L’ÉPOQUE. NOUS AVONS RELANCÉ L’AUTEUR POUR OBTENIR SES RÉACTIONS ET COMMENTAIRES UN PEU PLUS DE 400 JOURS APRÈS LA MISE EN ŒUVRE DU PROJET DE LOI – AVEC UNE SÉRIE DE QUESTIONS :

 1-quels sont les 2 ou 3 éléments ou prospectives pour lesquels votre mémoire visaient juste, à la lumière de la réalité d’aujourd’hui? Et de ce que vous en captez dans votre position?

2- Quel élément optimiste ou de perspective positive s’est le plus actualisé? S’est le moins actualisé?

3- Quelle prévision plutôt négative s’est le plus concrétisée? Laquelle s’est le moins concrétisée?

4- En rétrospective, si vous aviez à ajouter 1 ou 2 éléments marquants que vous n’aviez pas anticipé – et qui se sont manifestés, quels seraient ces éléments ou manifestations?

5- Un mot pour conclure – à votre saveur!

                                                                                    VOICI SON TEXTE FORT GÉNÉREUX!

 
Chronique de notre invité Georges Tormen

 ​Dans le texte qui suit, j'ai tenté modestement de répondre ensemble à toutes vos questions, non dans le détail mais dans le général de la tendance.

 

EN PRÉAMBULE…METTRE DES MOTS SUR DES MAUX : LA BATAILLE DES OPINIONS

 

L'écoute sur le terrain est vitale, mais combien peu s'exprime de peur de dire tout haut ce qui, tout bas et en-dehors des lieux du travail, occupe leurs pensées, à la fois teinté d'indifférence et d'une angoisse diffuse non verbalisée.

Alors ici, pas ‘grand-chose’ qui se dit en public ; peu est partagé sous le  signe de la rogne, du mépris et de la frustration.

Par contre, il y a ceux qui influencent l'opinion des choses à la radio, à la télé et sur l'internet. J'ai pris le temps d'écouter plusieurs "talk-show" à la radio, dont l’un m’a fait sortir des gongs. C'était effrayant les inepties qui ont été véhiculées pour attiser la colère, l'indignation, la radicalité des propos et mousser les cotes d'écoute où les invités et l’animatrice ont fait montre d’un misérabilisme, d’une piété et d’une charité chrétienne surannés des plus abjectes.

Où était donc l'intelligence dans tout ça et la recherche de la vérité ? Ce bourrage de crâne, ce lavage de cerveau, ce conditionnement psycho-social m'a attristé, m'a désolé ; j'ai même éprouvé de la colère devant tant de manipulations.

Ce n'était pas une forme de sensibilisation à la vérité, encore moins de l'éducation populaire, ce n'était même pas un show artistique ou humoristique, c'était peut-être l'expression libre et démocratique du droit à la bêtise, du droit à l'ignorance, du droit à l’exploitation de la crédulité.

C'est une manière de susciter chez les auditeurs des émotions qui obnubilent la compréhension des faits et qui laissent des impressions fausses du vrai.

LE DROIT À L’INTELLIGENCE DU DISCOURS

 Je dis cela car la population a droit à l'intelligence du discours, à des explications qui lui permettra de fonder ses jugements et ses décisions.

Après avoir dit cela, il y a des îlots d'informations qui réussissent à aller au-delà des apparences. Ainsi, "À tout le monde en parle" l'autre dimanche dans un autre ordre d’idées un invité à expliquer ce qui se passe dans le domaine de l'évasion et de la fraude fiscales. C'était éclairant ! Et bien d’autres encore éparpillés ici et là que je retiens.

En fait, je veux éviter le danger de s’enfermer dans une image de la réalité faite de clics, de flashes, d’actualités, d’instantanés, d’emporte-pièces, autrement dit, d’opinions éphémères non-fondées.

Mais aujourd’hui dans notre société, nous qui nous questionnons sur la « santé de notre système de santé » est-ce l’actualité des opinions qui nous intéressent ou la vérité du non-dit de ceux qui sont prisonniers de la caverne de Platon et est-ce la réalité des phénomènes du dehors, des changements qui affectent les gens de la santé et les patients qui est notre point de mire ?

Les ombres en mouvement, les apparences, les opinions et les expressions du sentiment d’indignation pour tout et pour rien sont-elles porteuses de quelques vérités et quoi dire de ce qui est offert en vitrine à la population et qui se sert même de la science et des scientifiques pour nous faire avaler leur publicité de ce qu’ils ont à vendre ?

 DE L’IMPUISSANCE À L’INACTION

 Malgré les discours d’indignation des uns et des autres récupérés à des fins mercantiles et la réalité des maladies qui dévorent de l’intérieur la population dont les forces productives contribuent à faire de ce monde une hyperbole de consommation, il y a des mutismes véritables qui ne s’expliquent pas : on accepte et on refuse à la fois la condition qu’on nous fait dans la mesure où on nous promet notre part de consommation et de jouissance immédiates.

À la difficulté de penser et de réfléchir, il y a le sentiment d’impuissance, il y a l’inaction.

L’indignation, la contestation : feux de paille ! Nous vivons un temps qui n’est pas capable d’actions réfléchies et concertées qui au-delà de la dénonciation déboucheraient sur des cohortes d’actions alternatives.

Nous en sommes toujours au même carrefour : celui des choix collectifs et des préférences individuelles : pour ces dernières, fondées sur des perceptions et des besoins et pour les premiers, fondés sur des intérêts et la spéculation marchande et financière ; les enjeux étant la santé, la maladie et les soins, le vieillir-solidaire, la démocratie réinventée.

 INTRODUCTION

À la lumière de la réalité d’aujourd’hui, il n’y avait pas de doute qu’au 366ème jour de l’adoption du projet de loi no 10, il y aurait un retour sur l’écrit et des écarts à jauger.

Qu’en était-il ? Je dirais ceci :

D’abord, en tant que 125ème intervenant dans le débat de la commission, je peux dire après avoir fait la lecture des autres mémoires, qu'il était (je le dis en toute humilité) d’intérêt public de présenter une démarche prospective à partir des tendances historiques lourdes du passé.

En cela, j'ai visé juste, car je crois avoir apporté un éclairage différent sur les objets de la loi. Je ne visais pas la reconnaissance de l'intérêt de mon propos, mais je visais la possibilité d'exercer une influence aussi minime soit-elle, apporter mon petit poids de réflexion dans la balance, ajouter ma réflexion à l'effort collectif, alimenter la discussion, faire la promotion de la gestion responsable et humaine des organisations de soins.

Sans faire une comparaison point par point, je dirais qu’il s’agissait de faire l’exercice de comprendre les convergences et les divergences, les ressemblances et les différences. Enfin, comprendre où nous allons et essayer à nouveau d’influencer le parcours.

LES HAUTS RISQUES DE LA PROSPECTION

Ceci étant clarifié, maintenant quoi dire sur l’atteinte ou non des cibles prospectives, sur la prévisibilité des changements structuraux et comportementaux avec l’application du projet no 10 ?

En fait, il serait difficile de dissocier le résultat du non-résultat, le caractère positif du négatif exprimés et les traits et tendances marquants et dominants de ceux qui sont restés latents. Il serait encore plus difficile d’évaluer hors-contexte les actions prises par le ministre pour actualiser sa vision.

Mais, sans prétentions, nous pourrions faire certaines constatations :

Constat # 1 : Le projet de loi no 10 avec ses bons coups et ses mauvais coups crée des turbulences et dérange. Ce qui met davantage en évidence les lacunes du Système (qui est toujours le même d’ailleurs) et ce qui provoque des réactions qui secouent le gouvernement dans ses décisions et le font plier.

Constat # 2 : Les forces en jeu font avancer la société québécoise en matière de réflexion sur le système de santé en place et ses liens avec l’économie et la marchandisation de la santé, dans sa phase concentration des ressources au sein de mégastructures et de rentabilisation et d’économie d’échelles.

Constat # 3 : La prépondérance, voire l’omniprésence de la question des coûts dans le discours sur tout ce qui concerne la santé est déterminante sur les choix budgétaires, le panier de soins et services offerts à la population, car bien au-delà de l’amélioration de la santé de la population, il y a le souci d’enjeu de la rentabilité et de l’efficacité des investissements. Il y a le coût économique de la santé.

Dans ce qui va suivre, je vais passer en revue les projections qui se sont avérées assez justes et celles qui ont préjugé de ma capacité à prédire des développements en matière de santé.

 LES ATTITUDES FONDAMENTALES

La vague géante de la loi-tsunami passée, tout le monde se ramasse et vit une même idiosyncrasie :

Leitmotiv « Il n’y a jamais assez de revenus et de budgets et toujours trop de dépenses. »

La santé et l’efficacité économique n’arrivent pas à concilier le mieux vivre et la profitabilité.

·    Au niveau de l’État, toutes les sphères de la société sont en concurrence les unes avec les autres.

Le niveau, avant comme après, des insatisfactions varie, passe d'un état à l'autre : une majorité de citoyens du Québec continuent à recevoir des bons soins, parce qu’il y a de bons soignants. Mais toutes les demandes, tous les besoins ne sont pas satisfaits : loin de là! La demande est parfaitement élastique et l'offre n'arrivera jamais à s'ajuster.

Le système en place produit, mais à quel coût ? On ne sait plus depuis que l’on a éliminé la facturation des coûts, il y a déjà bien longtemps. On ne le sait pas encore. Il y a les budgets historiques. M. Barrette veut être en moyen de calculer le coût d'un épisode de soins aigus, d'une intervention chirurgicale et ainsi exiger plus d'efficacité de l'acte et plus de productivité des ressources.

Ce que l’on sait par contre c’est qu’il y a de plus en plus de demandes et qu’en général, tout monde veut tout mais ne rien céder. Aucun choix : tout maintenant sans ménagement, sans restriction.

Alors, les soins et services se donnent comme d’habitude, avec de nouvelles augmentations salariales qui n’ont rien changé, d'ailleurs, à la situation du système de santé. De toute façon, tout le monde s’entend pout dire que cela était dû pour les uns comme pour les autres et que les protestations et les contestations ne changeront rien aux tendances chroniques de la société.

Les mégastructures administratives viennent d’être mises en place et sont là pour rester pour au moins huit ou douze ans. Le temps d’un nouveau printemps en termes de mandats politiques.

Ils sont les mêmes à diriger. Ils ont changé de chaise. Ils ont de grand titre et de grandes responsabilités. Les CA, les PDG, les PDGA et les structures souffrent de gigantisme qui augurent déjà une ère de déstructuration.

Le paradigme PlaneTree supplante.

LEAN n’est plus sur la sellette ni TOYOTA. C’est la vedette PLANETREE qui a été choisie pour encadrer la nouvelle pragmatique de l’État en matière de soins.

La Charte de Tallinn qui, avais-je écrit, serait un bon départ sans être une panacée et dont la préoccupation était de mettre en place des systèmes de santé pour la santé et la prospérité n’a pas été étudiée, retenue, reconnue comme étant pertinente pour nous sensibiliser tous aux contraintes sociétales qui pèsent sur la santé des personnes.

Ni l’ÉNAP ni l’Université de Montréal ont été retenus pour en être les pourvoyeurs. Occasion manquée d’un maillage établissements de santé et universités.

Les mêmes personnes continuent de gérer de la même manière le corps-et-âme de notre réseau de santé. Ce n’est pas leur faute, ils ont gardé les mêmes perceptions, les mêmes pratiques et les mêmes habitudes de manager.

De façon surprenante, rien n’a changé ! La preuve que le monde est circulaire !

 
LE RÉAMÉNAGEMENT ORGANISATIONNEL DU QUOTIDIEN

Le temps est au grand ménage puisqu’il faut déménager, emménager et aménager. Quoique de plus normal qu’une petite dépense, malgré un budget serré !

C’est dans le quotidien que s’exprime les grandes intentions et les valeurs de référence, il faut oser le dire :

 Il faut de beaux bureaux. Neufs, de préférence. Avec des murs fraîchement peints. Même si cela doit coûter quelques millions. C’est le nouveau patron qui l’a dit et qui veut lui-même faire plaisir à son propre nouveau patron qui le lui demande et pourquoi pas ?

La patience des chefs de service, des employés et des patients est reconnue. Les patients peuvent attendre, car l'aménagement administratif passe avant de faire remplir les extincteurs non fonctionnels, les travaux de maintenance et les réparations urgentes. C’était dans les journaux.  Tout peut attendre, sauf...n’est-ce pas ?

La charge de travail est attelée avec celle du stress : tout le monde est en état de « Sauf qui peut » ; en régime sans faute, c’est le système le grand fautif, celui qui est responsable.

Le quotidien est catastrophé, mais on ne s’en tire encore pas trop mal.

Une chance qu’il y ait des chefs de proximité responsables et soucieux du bien-être des employés qui font partie de leurs équipes de travail et qui se préoccupent des patients !!!

Eux font toute la différence : ce sont eux qui font de la qualité 24 heures par jour et 7 jours par semaine, année après année, changement après changement. Pas ceux qui sont assis derrière le bureau et qui jonglent avec leurs responsabilités ou qui ne connaissent que la réalité de  papier et de  chiffres, sans connaissance du travail sur le terrain.

Nous avons toutes les raisons du monde de compter sur eux et elles, les gens du terrain, pour des soins et des services à la hauteur des besoins de la population. Dieu merci ! Ils et elles sont là !

La transition, la discontinuité, le manque de suivi coûteront chers parce que les responsabilités sont diluées dans tout ce processus chaotique. Des jeux de coulisses. Des jeux de pouvoir. Des diversions. Des tours de passe-passe !

 

LA GESTION DE LA MAIN D’OEUVRE ET LE RECOURS AUX EFFECTIFS À MOINDRE COÛT

D’autres écarts constatés :

Nous avons fait fausse route, là est la plus grande déception, la gestion humaine des organisations reste le talon d’Achille de toutes les tentatives de restructurer l’organisation du travail dans le réseau de la santé. Les gouvernants et les gestionnaires n’ont rien appris des leçons du passé.

D’ailleurs quand a-t-on fait le dernier bilan historique de la santé et l’a-t-on communiqué à ceux qui nous dirigent pour qu’ils apprennent et agissent de façon congruente ?

Dans notre société québécoise, les agents de changement ne sont pas les individus, ni les collectivités mais ce sont une poignée de visionnaires aux diktats à courte vue qui ne pensent que structures !

Beaucoup, beaucoup d’absences-maladie et pour causes ??? Pas de chiffres encore ! Mais, mises à part les abolitions de postes et les non-remplacements, la bonification du travail est loin d’être en voie de s’améliorer.

·    On dit même que les titulaires de poste d’encadrement n’ont pas encore de description de fonctions ni de reclassement dans le système de classification et de rémunération des cadres, sauf pour les PDG avec des salaires de 200 000$ par année. La fidélité, la loyauté a un prix.

Cette incertitude et les tergiversations ne permettent pas le développement du sens des responsabilités ni la consolidation du travail d’équipe et la cohésion dans la démarche de changement. Il en résulte un manque de coordination et d’intégration dans la gestion et une absence de contrôle rigoureux et imputable des coûts des contrats et autres engagements.

D’ailleurs le bulletin Au fil de la réorganisation d’un réseau d’établissements à un réseau de services aux patients, édition septembre 2015, s’est arrêté avec la question des classes salariales permanentes pour le personnel d’encadrement. Le MSSSQ ne publie plus ce qu’il qualifiait de « outil de référence pour l’ensemble du personnel du réseau et du Ministère ».

 
NOUVELLES STRUCTURES ADMINISTRATIVES DE GOUVERNANCE, OUBLIONS DE GOUVERNANCE, ET, NOUVEAUX, OUBLIONS NOUVEAUX, MODES DE GESTION

On a fait grand cas de la gouvernance dans les années qui ont précédé la réforme. La pratique mise en place, et les concepts qui la soutenaient, sont maintenant démodés, enterrés dans la mégastructure des nouvelles entités.

L'abolition d'échelons de la hiérarchie n'a pas rapproché le PDG de ses employés. Bien contraire ! Un PDG avec ses 2 ou 3 000 employés, ses 400 cadres et 800 médecins ne les connaît pas, ne les connaîtra jamais : trop occupé à gérer son image, l'immensité de sa charge de travail et à rencontrer les commandes du ministère.

Que dire des modes de gestion ? Les modes de gestion sont les mêmes, avec beaucoup moins de supervision directe qui, elle, montre des signes d'essoufflement et de dilution. Pour le reste, les mêmes mentalités, les mêmes pratiques administratives et les mêmes résultats.

CHANGER LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES POUR UNE MEILLEURE ACCESSIBILITÉ AUX PROGRAMMES ET SERVICES

 
M. Barrette nous a tous surpris en questionnant la pratique des médecins (disponibilité, privilèges, tarification) et la pratique des pharmaciens (idem.). Comment faire la part des choses quand tout est si étroitement intriqué et qu'au bout du compte de l'opération, il reste dans la perception du public que ça nous coûte plus cher et que de nouveaux privilèges ont remplacés d'anciens privilèges.

 
Les impacts de ces changements sur l'accessibilité des services sont subtils et éthérés pour la population. Il n'est pas étonnant que l'on se rabatte sur l’opinion fixe et obsessionnelle qu'il faut encore plus et toujours plus de ressources, à défaut de voir et de ressentir des améliorations en matière d’accessibilité.

FINANCER OU INVESTIR DANS LA SANTÉ

La santé est et n'est pas, en même temps, une industrie, un marché de producteurs et de consommateurs, un bien/service public de consommation et un bien/service privé de consommation, un service aux besoins gratuits et aussi des services à la carte tarifés, un droit fondamental intouchable et un privilège monnayable.

La marchandisation et la financiarisation de la santé sont tendances d’où la multiplication des termes du vocabulaire financier pour déterminer un prix, restructurer le marché de l’offre et de la demande e calculer les externalités politiques de toutes décisions.

Dans ce domaine là aussi, les gouvernements sont en déficit d'idées pour nous sortir de cette impasse et la population continuera à en payer la note sans facture mais avec beaucoup de taxes et des discours démagogiques venant de toutes parts.

 CONCLUSION

Affirmer, c’est questionner, comprendre et chercher à expliquer, c’est tenter de clarifier, c’est chercher de formuler un discours intelligent, non partisan. Ce n'est pas avoir raison et imposer une façon de faire. C’est encore moins juger.

Les chemins du possible que j'ai présentés au ministre n'ont certainement pas inspiré celui-ci à suivre d'autres chemins que ceux que lui indiquait sa propre vision, ni à entreprendre un dialogue démocratique avec les protagonistes de la société québécoise.

Prospecter le devenir, c'est surtout le faire dans le but d'apporter un éclairage différent en vue d'influencer le cours des événements.

J'ai tenté et 124 autres indépendamment les uns des autres ont tenté d'influencer le cours des actions gouvernementales à prendre pour que le Système de santé soit axé sur la cohésion et le bien-être populationnels, la solidarité sociale, la prospérité et l’amélioration continue de l’état de santé de tous et chacun dans une vision globale de la santé d’une population dans un contexte social précis.

Puisque c'est de l'accessibilité des programmes et des services dont il est question dans l'état actuel des choses, disons que la population se fait informer par les médias et son expérience de proximité et de fréquentation le confirme :  l’accessibilité n'a pas été améliorée au point où il y aurait un consensus médiatique et populaire ou du moins une admission de fait ; cela la population ne le ressent pas non plus.

Un dernier constat : une armée de gestionnaires et d’employés travaillent très forts pour introduire des changements dont les résultats attendus demeurent présentement décevants et incertains.

Le dernier mot : chaque jour qui passe nous rapproche de l’échéance d’un premier mandat électoral. Les critiques seront vitrioliques si les résultats ne sont pas livrés justes à temps compte tenu de la démesure des moyens engagés pour réaliser une vision du monde somme toute qui n’inspire un climat de concorde sociale.

Rédigé par Georges Tormen

À la demande de Monsieur Julien Michaud que je remercie d’ailleurs

MAI 2016